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Mythe versus réalité


Il ne faut pas se faire vacciner car la vaccination s'accompagne d'effets secondaires qu'il vaut mieux éviter...


Les vaccins, comme toute médication, peuvent, en effet, s'accompagner d'effets secondaires. Cependant, les vaccins actuels sont très sûrs et ne donnent lieu, généralement, qu'à des effets secondaires mineurs. Ceux-ci sont généralement locaux, comme douleurs et rougeurs au point d'injection, ou généraux (diarrhées, température, maux de tête, ...). Mais dans la grande majorité des cas, ces effets secondaires sont sans danger et comparables à ce qui s'observe avec d'autres médications. On peut, par exemple, dire qu'il y a plus d'effets secondaires graves avec l'aspirine qu'avec la plupart des vaccins utilisés de nos jours.
Bien entendu, il y a toujours la possibilité d'une réaction allergique, comme avec n'importe quel autre médicament. C'est pour cette raison que si une personne fait une réaction importante à un vaccin, le médecin préférera, par prudence, ne pas faire de rappel pour ce vaccin.
Toujours est-il que dans un tel débat, il faut avant tout faire la balance entre les bénéfices obtenus et les risques encourus. Et dans ce domaine, la balance est fortement en faveur de la vaccination.


Ça ne sert à rien de se faire vacciner contre des maladies bénignes. Autant laisser la nature faire son œuvre !


En valeur absolue, il n'existe pas vraiment de vaccin contre des maladies bénignes. Si nous prenons le cas de la grippe, par exemple, il est certain qu'un adulte en bonne santé n'a pas grand-chose à craindre. La vaccination n'est d'ailleurs pas conseillée dans cette tranche d'âge, excepté pour des raisons socio-économiques visant exclusivement à diminuer l'absentéisme au travail ou dans des cas très particuliers comme chez des malades très affaiblis. Cependant, le virus de la grippe est potentiellement mortel pour les personnes âgées et plusieurs d'entre elles décèdent chaque année des suites de cette infection.
Il en va de même pour la rougeole qui tue plusieurs centaines de milliers d'enfants chaque année à travers le monde. Quant à la rubéole, elle n'est pas dangereuse en soi, mais très toxique pour le fœtus si une maman enceinte devait contracter la maladie.
De plus, il existe une certaine notion de solidarité. La vaccination est un des seuls moyens qui permettent d'envisager la disparition pure et simple d'une maladie. C'est ce qui a été fait pour la variole, par exemple, contre laquelle on ne vaccine plus pour la simple raison qu'elle a disparu de la planète. C'est également ce qui est en passe d'être réalisé pour la polio.
Si des groupes à travers le monde refusent ces vaccinations, ils empêchent du même fait de réaliser cet objectif d'éradication. Ils constituent alors des réservoirs naturels de la maladie.


Pourquoi se faire vacciner contre des maladies rarissimes comme la méningite à méningocoque de type C, par exemple.


Tout d'abord, les méningites ne sont pas rares dans notre pays, qu'elles soient virales ou bactériennes. En parlant du méningocoque, il faut savoir que ce type de méningite était en recrudescence inquiétante en Belgique. Le risque avec ce type de maladies mortelles et bien souvent foudroyantes, c'est de ne jamais pouvoir s'immuniser naturellement puisque le décès peut survenir très vite. Si le patient survit, il pourrait conserver des séquelles neurologiques graves.
La question à se poser est : sachant qu'il existe un vaccin, si mon fils ou ma fille devait contracter cette maladie, comment réagirais-je ?


Le vaccin contre l'hépatite B induit la sclérose en plaque.


Cette rumeur est née en France lorsque les autorités sanitaires de ce pays ont décidé de suspendre temporairement la vaccination systématique des adolescents. Cette décision faisait suite à certaines observations qui semblaient établir un rapport en ce vaccin et l'apparition de cas de sclérose en plaque ou autres syndromes neurologiques apparentés. L'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) a immédiatement condamné cette attitude qui ne se basait que sur des observations non contrôlées.
Depuis de grandes études scientifiques contrôlées ont essayé de trouver ce lien, mais sans succès. Les détracteurs de la vaccination diront que c'est normal puisque ces études ont été commandées par les laboratoires qui fabriquent ce type de vaccins. Cependant, conscients du risque de telles critiques, les médecins qui ont réalisé ces études ont pris soin de faire signer un accord aux sociétés productrices, garantissant la publication des résultats même si ceux-ci étaient en défaveur de la vaccination.
Aucun lien de cause à effet n'a pu être établi...


La vaccination contre la rougeole pourrait entraîner l'apparition de maladies inflammatoires de l'intestin (Maladie de Crohn ou Recto-colite Ulcéro-hémorragique) ainsi que l'apparition de cas d'autisme.


Ces hypothèses sont nées du fait que certains chercheurs ont identifié un virus ressemblant à celui de la rougeole dans l'intestin de patients atteints de la maladie de Crohn. De plus, les enfants autistes présentent souvent des problèmes digestifs ressemblant, d'un point de vue médical, à ceux de la maladie de Crohn.
Là encore, de larges études ont été entreprises pour confirmer ou infirmer ce fait. Jusqu'à présent, aucune d'entre elles n'a pu établir un tel lien. Cependant, des travaux sont toujours en cours, non pas tellement pour établir un lien de cause à effet entre la vaccination contre la rougeole et la maladie de Crohn, mais surtout pour savoir si ce virus est réellement impliqué dans l'apparition de la maladie. Si c'était le cas, cela ouvrirait de nouvelles perspectives thérapeutiques.
Toujours est-il qu'à l'heure actuelle, tant sur le plan mondial qu'européen, la vaccination contre la rougeole est toujours conseillée. Ceci est d'autant plus vrai que dans certaines communautés ayant refusé cette vaccination, en Hollande et en Angleterre, la rougeole n'a mis que quelques mois à réapparaître. Du coup, les autorités sanitaires de notre pays craignent régulièrement la venue d'épidémies depuis l'Angleterre. Dans ce cas, les enfants vaccinés ne risqueraient rien, mais ce ne serait pas le cas des autres...


Il faut laisser les enfants contracter les maladies d'enfance. Après cela, au moins, ils seront vaccinés à vie alors que les vaccins nécessitent des rappels.


Attention, ceci n'est vrai que pour certaines maladies. Prenons le cas de la coqueluche qui, rappelons-le, était avant la vaccination, la maladie responsable du plus grand nombre de décès parmi les enfants et ce, toutes maladies confondues. Et bien, un enfant qui aurait fait la coqueluche n'est absolument pas protégé tout au long de son existence. Il peut très bien devenir porteur de la maladie, à l'âge adulte, et infecter à son tour d'autres enfants qui n'auraient pas été vaccinés.
 


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